Blue Flower

Je suis née dans une famille éclatée et me suis retrouvée dès mon plus jeune âge, entourée uniquement de femmes. Mon père était un homme distant et peu aimant et je le voyais très peu. Pour la petite fille que j’étais alors, l’homme représentait un mystère et parfois une crainte. Pourtant j’étais fascinée par cet « autre ». Lorsque j’ai commencé ma vie sexuelle, j’ai immédiatement été très dysfonctionnelle. Je « consommais » l’homme, au-travers de relations sexuelles multiples et sans lendemain avec des partenaires parfois anonymes.  Puis je me suis convertie à mes 21 ans. Dieu m’a alors révélé combien ce mode de fonctionnement était néfaste pour moi et pour mon prochain. A alors commencé un long travail de restauration de mon image propre et de mon féminin. Ma vie spirituelle ainsi que mon engagement dans l’église étaient sains et prolifiques, pourtant je me battais avec un imaginaire sur développé. Je passais des journées entières à « rêver mes relations » au lieu de les vivre au réel.

Durant ces temps, je sociabilisais avec des hommes uniquement, j’étais alors le centre d’attention, j’y trouvais encouragement, admiration, j’avais l’impression d’être. Ce monde imaginaire comme je l’appelle était extrêmement chronophage et possédait tous les symptômes d’une dépendance. Rien ne me liberait de cela, ni la prière, ni le jeûne. Puis je me suis mariée, le monde imaginaire a disparu pour un temps. Alors que mon couple passait par un temps de crise sans précédent j’ai été submergée par des angoisses et le monde imaginaire prenait des allures de phantasmes sexuels. Je n’arrivais plus à faire face et à cacher ma détresse et mon malêtre. J’ai alors crié à Dieu et ai commencé un cours Torrent de Vie. Très rapidement Dieu est venu mettre le doigt sur mon écharde : le monde imaginaire…

J’ai commencé alors à pouvoir identifier devant Lui, et nommer les choses que j’allais rechercher par cette pratique - la reconnaissance - l’admiration - le bien être - l’impression d’exister. Dieu a alors pu me révèler que ceci aurait dû être l’apport du père, c’est lui qui dans son rôle pleinement investi donne à la fillette son identité de genre, mais aussi la juste attitude face à l’autre genre, le masculin. C’est lui qui l’encourage, manifeste son amour, sa fierté,  lui montre qu’elle est importante à ses yeux, qu’elle est belle et intelligente… Bref qu’elle est Sa fille. Rares sont les pères qui remplissent cette tâche parfaitement, mais le mien avait été particulièrement démissionnaire. J’ai alors compris que je me nourrissais de manière malsaine afin de survivre lorsque j’étais enfant, puis le pli étant pris, j’ai continué à dysfonctionner étant adulte. Ce qui s’est traduit par une manière compulsive de « se nourrir de masculin » avant ma conversion, puis après celle-ci de se nourrir de chimères.

J’ai appris depuis à réclamer la bénédiction du Père Céleste à chaque fois que je me sens plus fragile et encline à retourner à mes dépendances. J’apprends à décrire spécifiquement chacun de mes besoins, et je sais que Dieu se réjouit du fait que je ne le supplie plus de me délivrer du monde imaginaire mais qu’à la place, je l’appelle à y régner et à venir me rejoindre et me faire du bien dans ces besoins qui sont tellement légitimes.

La leçon essentielle que j’ai apprise est de venir devant Dieu lui partager toutes choses, dans les détails, sachant que Lui seul peut combler les manques du passé et nous aimer tels que nous sommes.

 

Michaela (nom d'emprunt)