Blue Flower

Aujourd'hui, en grande partie à cause du cours torrents de vie, je peux mettre des mots sur des sensations de mal être et de tensions qui m'habitaient depuis longtemps. Dès ma petite enfance, je ne sais pas exactement pour quelles raisons, je me suis détachée de la première femme de ma vie, ma maman. Je n'ai pas pu accueillir son amour de telle façon que celui-ci n'a pu nourrir en moi mon besoin profond d'être aimée. Le décès de mon père lorsque j'avais 8 ans, a aussi créé une carence affective indéniable.

A l’adolescence j’avais un grand besoin de ressentir l'amour. Ce désir est quelque chose de légitime. Mais pour moi cela était parfois démesuré. J'aimais mal. Je me souviens de l'avidité que j'avais à rechercher cet amour dans mes relations amoureuses avec les garçons puis dans mes amitiés avec les filles. Je voulais comme m’accaparer l’autre et lorsque je ne recevais pas l'affection escomptée je me sentais terriblement seule, abandonnée et rejetée.

Plus tard, en développant des relations, j'ai découvert que je me sentais si bien avec mes amies! Ce bien être me poussait à rechercher leur présence tout le temps. C'est comme si cela nourrissait quelque chose en moi, comme-ci j'avais faim et soif de....je ne savais pas quoi à ce moment-là. Parfois, le regard chaleureux d'une femme croisé dans la rue, me touchait si profondément que cela me perturbait. "Pourquoi cela, pourquoi cette forme d'attirance" me demandais-je souvent? Ce type d'attirance m'a fait entrevoir la possibilité qu'en vivant avec une femme, je pourrais être facilement comprise, aimée, écoutée, accueillie ce qui pourrait apaiser ma faim et ma soif d'amour. Mais, vivre avec une femme ne fait pas partie de ce que je désire au fond de moi. Ces deux pôles m'ont régulièrement mises dans de grandes tensions.

Ma quête d'amour s'est poursuivie jusqu'à l'âge adulte. Aujourd'hui à passé 50 ans, je sais qu'aucune femme et aucun homme ne peut combler ce manque si grand et si profond. Ce qui pouvait être réveillé en moi au travers d'un regard chaleureux, par exemple, est de l'ordre d'un besoin de me sentir, comme dit plus haut, comprise, aimée, écoutée, accueillie. Ceci est, de mon point de vue, la manifestation d'un manque profond.

Seul Dieu créateur de la vie est capable d'apaiser cette faim et cette soif en moi. Jésus dit: "Je suis le pain de vie" et "Je suis la source d'eau vive." J'apprends aujourd'hui, à reconnaître mes besoins, à en tenir compte, à assouvir cela auprès de Dieu...et cela fonctionne. Je me sens alors remplie et plus libre dans mon rapport à l'autre. Prendre soin de mes relations pour qu'elles soient saines fait partie de mes défis ainsi que de ce qui enrichit grandement mon être profond.

Isabel (nom d'emprunt)