Blue Flower

Je suis née dans une famille éclatée et me suis retrouvée dès mon plus jeune âge, entourée uniquement de femmes. Mon père était un homme distant et peu aimant et je le voyais très peu. Pour la petite fille que j’étais alors, l’homme représentait un mystère et parfois une crainte. Pourtant j’étais fascinée par cet « autre ». Lorsque j’ai commencé ma vie sexuelle, j’ai immédiatement été très dysfonctionnelle. Je « consommais » l’homme, au-travers de relations sexuelles multiples et sans lendemain avec des partenaires parfois anonymes.  Puis je me suis convertie à mes 21 ans. Dieu m’a alors révélé combien ce mode de fonctionnement était néfaste pour moi et pour mon prochain. A alors commencé un long travail de restauration de mon image propre et de mon féminin. Ma vie spirituelle ainsi que mon engagement dans l’église étaient sains et prolifiques, pourtant je me battais avec un imaginaire sur développé. Je passais des journées entières à « rêver mes relations » au lieu de les vivre au réel.

J’ai été touchée quand Dieu m’a révélé le rôle de la mère, celle qui, par son amour, sa douceur, son attention donne à l’enfant le sentiment d’exister.

Je comprends maintenant pourquoi j’ai grandi avec ce sentiment de rejet, de vide et de mauvaise estime de soi. J’ai grandi dans un pensionnat religieux, élevée par des sœurs qui n’étaient pas très tendres et encore moins affectueuses.

J’étais folle de joie et tellement contente quand on m’a appris que je 

allais vivre avec mes parents. J’avais alors 11 ans. J’assiste alors à des tensions et à des disputes violentes entre mon père et ma mère, et finis par comprendre que mon père trompe ma mère avec sa meilleure amie depuis des mois déjà… Mon père nous quitte alors pour aller vivre avec elle et ses deux enfants, je vis ainsi un deuxième abandon !

J'ai grandi dans une famille stable, avec des parents qui m'aimaient. Cependant, dans ma famille, on ne savait pas vraiment exprimer l'amour. Mon père était un homme plutôt sévère, et je n'ai reçu que peu d'encouragements, et peu de marques d'affection. Nos relations étant difficiles, je me suis peu à peu détaché de lui.

A l'adolescence, j'étais plutôt timide, et surtout handicapé dans mes relations : je ne savais pas vraiment comment entrer en relation proche avec quelqu'un. Avec l'arrivée de la sexualité, j'ai découvert que je pouvais vivre quelque chose de 'proche' avec quelqu'un ! Enfin, je pensais pouvoir combler cette solitude, ce vide au fond de moi !

Ne connaissant que ce moyen, j'y ai plongé avec la force du désespoir : masturbation, pornographie, puis prostituées. J'ai aussi vécu des relations homosexuelles avec quelques amis, espérant là aussi combler ce manque d'intimité masculine que je n'avais pas eu.

J'ai souvent lu les passages de la bible où Dieu parle d'une vie remplie de sa paix, de sa joie, de son amour. Même si cela me faisait très envie, tout mon intérieur aspirait à trouver cela dans une relation homosexuelle et il m'était impossible d'entrer dans quoi que ce soit d'autre.

Dans mes périodes de grand questionnement, je me disais que si Dieu lui-même m'invitait à cela, Il devait bien avoir prévu une issue pour moi. C'est ce qui m’a poussée à chercher. Je n'ai pas eu envie de passer à côté d'une vie que Dieu aurait préparée soigneusement et avec amour pour moi au profit d'une vie homosexuelle qui aurait certes comblé et satisfait une partie de moi mais qui, de l'autre côté, n'aurait pas répondu à mes nombreuses questions sur le sens de ma vie, sur Dieu, son amour, sa justice.

Aujourd'hui, en grande partie à cause du cours torrents de vie, je peux mettre des mots sur des sensations de mal être et de tensions qui m'habitaient depuis longtemps. Dès ma petite enfance, je ne sais pas exactement pour quelles raisons, je me suis détachée de la première femme de ma vie, ma maman. Je n'ai pas pu accueillir son amour de telle façon que celui-ci n'a pu nourrir en moi mon besoin profond d'être aimée. Le décès de mon père lorsque j'avais 8 ans, a aussi créé une carence affective indéniable.

A l’adolescence j’avais un grand besoin de ressentir l'amour. Ce désir est quelque chose de légitime. Mais pour moi cela était parfois démesuré. J'aimais mal. Je me souviens de l'avidité que j'avais à rechercher cet amour dans mes relations amoureuses avec les garçons puis dans mes amitiés avec les filles. Je voulais comme m’accaparer l’autre et lorsque je ne recevais pas l'affection escomptée je me sentais terriblement seule, abandonnée et rejetée.